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dimanche 8 juillet 2012

Back in Legend

Photo : Reuters
Eternel Roger Federer. On l'a dit perdu. On l'a dit aux abois. En perte de vitesse, dépassé par la jeune génération ibérico-slave. On l'a dit en plein doute. Il a conquis ce dimanche son 7e titre sur le gazon béni de Wimbledon et retrouvé la place - sa place - de n° 1 mondial. Il entame ainsi, en cumulé, sa 287e semaine au sommet du classement ; nouveaux records à battre, exit Pete Sampras.

Inimaginable il y a quelques mois. Délicieuse reconquête du pouvoir, réalisée à Londres, dans son jardin anglais, contre Andy Murray, le régional de l'étape au comportement imbuvable sur les courts.

Welcome back, Sir Roger: you're a living legend.

mardi 5 juin 2012

Et vous, votre Roland-Garros ?

Je profite des Internationaux de France et d'une date anniversaire pour poster un billet interactif - enfin, pour lancer une invitation à l'interactivité : quel est votre meilleur souvenir de Roland-Garros ?

Mon Roland, c'est Michael (Chang).

5 juin 1989. Un Américain de 17 ans défie Ivan Lendl en huitième de finale. Le n° 1 mondial, qui arrive de Tchécoslovaquie avec, alors, 7 titres de grand chelem à son palmarès dont 3 décrochés porte d'Auteuil, a la cote auprès des bookmakers. Si on ne donne pas cher de la peau du jeune Chang après avoir perdu les deux premiers sets, il renverse la tendance et s'impose 4-6 4-6 6-3 6-3 6-3 avec quelques gestes commandés par l'épuisement, les crampes ou l'insolence ; des gestes qui ont marqué l'Histoire du sport au fer rouge terre battue : du service à la cuillère au bluff qu'il réalise sur la balle de match, l'adolescent aura fait vivre une humiliation à Lendl qui boudera ensuite le tournoi pendant 3 années.

Dans sa - courte - foulée, Michael Chang remportera Roland-Garros, ce qui restera sa seule et unique grande victoire sur le circuit. C'était contre Stefan Edberg, une autre légende, maudite à Paris ; mais c'est déjà un autre match, un autre souvenir.

mardi 29 mai 2012

Razzano passe la huitième

Vu sur France 3

Photo : Reuters/Nir Elias
Virginie Razzano compte parmi ses joueurs et ses joueuses de tennis qui ont, un temps, été premiers de la classe (elle a remporté l'Open d'Australie et les Internationaux de France en junior) avant de connaître une carrière moins brillante chez les grands.

Jusqu'ici, elle avait remporté deux titres mineurs. C'était en 2007 ; une éternité. Hier, elle a ajouté une ligne de plus à son palmarès en s'offrant, à bout de crampes, une victoire de prestige devant un public forcément conquis : Serena Williams a mis le genou à terre, battue en trois sets, à l'issue d'une huitième balle de match (4-6, 7-6, 6-3).

Ca n'est pas grand chose, mais pour elle et pour nous, ce genre de moments est incroyablement intense.

Paris à deux contre un...

Lu sur Lequipe.fr

L'Italienne Francesca Schiavone, finaliste en 2011 d'un tournoi de Roland-Garros remporté en 2010, a franchi avec succès le premier obstacle. Au second tour, elle devrait affronter "Yanina Wickmayer et Tsvetana Pironikova".

On lui souhaite bien du courage car, sur la terre battue comme sur toutes les autres surfaces, jouer contre un double n'est jamais simple...

#Désinformation #MaisQueFaitLaFédération?

vendredi 6 avril 2012

La Coupe dévisse

Aujourd'hui, demain et dimanche ont lieu les quarts de finale de la Coupe Davis, seule compétition de tennis se jouant entre équipes nationales au plus haut niveau - qui a dit que le sport dont les origines remontent à Azincourt (1415) et Harry Gem (1858) était l'archétype du  sport individuel ? La France y fait régulièrement bonne figure et a toutes ses chances de décrocher un nouveau ticket pour les demi-finales avec la réception des joueurs de l'Oncle Sam.

Mickaël Llodra et Jo-Wilfried Tsonga

Un tel optimisme ne résulte pas seulement de la non-sélection audacieuse, par captain Courier, de l'ancien n° 1 mondial Andy Roddick, qui vient pourtant de marquer les esprits en sortant Federer du tournoi de Miami, ni du forfait de Mardy Fish - et moi qui pensais que le jour du poisson était le vendredi... Non, les ondes positives qui s'abattent sur ces rencontres étalées sur trois jours (2 matches en simples aujourd'hui, 1 double demain, 2 matches en simples dimanche - le vainqueur est celui qui remporte 3 matches) proviennent du choix de la surface imposée par les Français aux Américains.

S'il se jouait initialement sur le gazon (le nom originaire de la Fédération internationale de tennis n'a perdu son "de gazon" qu'en 1977), le tennis se pratique désormais sur une multiplicité de surfaces, les "lentes" et les "rapides" même si, de vous à moi, il y a ici chipotage. La terre battue entre dans la première catégorie. Elle handicape plutôt les bons serveurs, ceux qui concentrent leur jeu sur l'attaque par goût ou parce qu'ils sont trop lourds pour se déplacer et frapper la balle plus de 4 fois de suite. Or, dans le camp américain, le géant John Isner, qui sera sur qui repose finalement tout, compte parmi ceux-là - tellement géant d'ailleurs que certains songent, avec humour, à relever la hauteur du filet...


L'avantage procuré aux Mousquetaires français (c'est leur surnom) m'apparaît injuste car, une chose est de bénéficier de l'organisation d'un tour de Coupe Davis à domicile - même si, à Monte Carlo, nous ne sommes qu'à un trottoir de Monaco... -, une autre est de choisir la surface sur laquelle vous voulez manger tout cru vos adversaires. Ne serait-il pas plus équitable de laisser, en ce cas, la responsabilité de ce choix aux invités ? D'un côté le public qui vous pousse, de l'autre vos chaussures ; on est à égalité. Si Pierre de Coubertin était encore là, il approuverait certainement sans réserve - qu'on ne m'accuse pas de faire parler un mort !

L'idée n'est pas bête, mais le système trouvé par l'ITF ne le serait pas moins s'il n'avait un fort relent de loi du Talion - "oeil pour oeil, dent pour dent,... surface pour surface". Le Règlement de la Coupe Davis prévoit, en effet, deux scénarios : celui qui a le droit d'élire la surface de jeu est désigné par tirage au sort, sauf lorsque les deux équipes se sont déjà rencontrées par le passé ; dans cette hypothèse, l'équipe qui n'avait pas choisi la surface à l'époque gagne automatiquement le droit de choisir la surface. Or, les USA ont reçu et éliminé nos petits Français en 2008, en les amenant sur une surface rapide qui les avantageait alors et qu'ils avaient surtout choisie. "Bien fait pour eux", disent les gens de la Fédération française. Pas sûr, pourtant, que la solution soit compatible avec l'esprit du sport.

vendredi 16 mars 2012

Roger prend Nadal au bond

Roger Federer est un très grand. Celui qui a, 5 ans durant, marché sur le toit du tennis mondial avant de céder sa place de numéro 1 comme ses titres à de jeunes loups aussi ambitieux que talentueux, a pris son monde à revers en battant en deux sets secs Rafael Nadal en demi-finale de l'un des plus gros tournois du circuit - Indian Wells.

Certes, la surface lui convenait plus que la terre battue, par exemple, et la température de l'air, plutôt fraîche en cette période de l'année dans le désert californien, ne favorisait pas d'emblée le prodige Espagnol. Mais, même dans ces conditions de jeu a priori positives, beaucoup n'aurait pas misé leur fond de poche sur celui sur qui on pose volontiers désormais le regard tendre et sympathique que l'on pose sur les champions sur le déclin. Il faut dire, en outre, que l'épouvantail Nadal le dominait assez nettement du bras gauche et des épaules (28 victoires pour 9 défaites) au point d'avoir, pensait-on, pris un ascendant psychologique définitif.


Deux légendes en finale

Il en faut cependant davantage pour complexer Roger Federer. Le match a été plié en deux temps trois mouvements, maîtrisé, surtout, comme au bon vieux temps, sans fausse note : 6-3, 6-4 avec, en guise de conclusion, la spéciale du maître : un ace. Les rencontres en deux sets gagnants sont sans doute une formule qui sied encore au Suisse, qui n'a pas ainsi à se lancer dans des parties marathon dont chacun sait, lui le premier, qu'il n'en sortira pas vainqueur.

Roger s'ouvre ainsi une voie royale vers un 73e titre puisqu'il rencontre John Isner en finale, invité surprise du tournoi après avoir dégoûté Djokovic - numéro 1 mondial - avec ses aces à répétition. En quelque sorte, Indian Wells va se clôturer en beauté, avec la rencontre de deux légendes : Roger, d'un côté, et le  géant Américain qui est entré dans l'Histoire du tennis, par la porte de service, en disputant contre un Français la plus longue partie de tennis - c'était sur le gazon mythique de Wimbledon en 2010. Je ne vois pas Roger perdre un tel match. L'expérience, à ce niveau, fait une grande différence et les encouragements du public patriote et acquis à la cause du challenger Isner ne suffiront pas.

Ne tuons pas, néanmoins, la peau de l'ours, comme dirait l'autre. Là n'est d'ailleurs pas le sens de notre billet. On a simplement le sourire car le roi n'est pas mort ce soir ; vive le roi !