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jeudi 26 juillet 2012

Coachez Rafa !

Chers lecteurs, à peine me releva-je de la déception d'un premier concours modestement truqué que je me lança dans un second challenge, le coeur il fut vrai vaguement en berne. Mais, cette fois, ma créativité fut sérieusement affectée par la nature de l'exercice : moins de liberté, moins de poésie, moins d'humour et moins de temps. "Bah, me dis-je alors à peu de choses près, où est le problème ? Si un film muet et personnel est impuissant à me faire gagner, une vidéo plate, sans prétention, en sera peut-être capable". Produisant pour produire, abandonnant donc toute dimension artistique, je me jeta à pleine voix dans la fosse aux lions - je devrais dire, aux toros puisqu'il s'agissait alors de donner, en moins de 30 secondes, un conseil de poker à Rafael Nadal (à gagner, ni queue ni oreilles prises sur un cadavre noir, mais un ticket d'entrée à l'étape barcelonaise de l'European Poker Tour).

Vois le résultat, et vote si le coeur t'en dit - mais uniquement si c'est le cas (ça se passe ici ; ma vidéo ne sera mise en ligne que lorsqu'elle sera validée par la haute Autorité du concours !).


Il est honnête de dire que, si cet exercice fut à moitié réussi de mon côté (la bonne moitié m'ayant été intégralement soufflée par ma plus fidèle lectrice), il l'a été (presque) parfaitement par un concurrent à qui, fair play, je rends hommage ("presque", parce que la longueur de la vidéo et le nombre de conseils promulgués sont non réglementaires...). Vois :

mercredi 18 juillet 2012

Woman Event

Le Main Event des World Series Of Poker, c'est le plus grand tournoi de poker au monde, celui à l'issue duquel LE champion du monde est désigné après une course d'endurance de 70 heures... Gaëlle Baumann est une joueuse professionnelle française qui a pris part à son premier ME sous les couleurs de Winamax. Elle a échoué aux portes de la table finale en se faisant (cruellement) éliminée en 10e position (sur 6598 participants).

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

"Wonder Baumann" repart avec un chèque d'un montant de 590 000 dollars, mais ceci reste très anecdotique. On imagine le coup reçu par la compétitrice, connue pour son perfectionnisme autant que par sa simplicité. Aller aussi loin dans le tournoi le plus désiré du monde est sublime ; perdre si près du but est rude, surtout que le Hongrois qui la prive de finale n'était là que par la faveur d'une décision d'arbitrage rendue 3 jours plus tôt, après un embrouillamini des familles qui l'a opposé à Gaëlle (le joueur avait jeté ses cartes sans s'être aperçu qu'elle avait relancé derrière lui et qu'elle le couvrait ; les juges ont considéré qu'il n'avait pas abandonné...).

A chaud, la Française parvient à garder de la distance. La déception est perceptible, mais son analyse est incroyablement objective : "il aurait dû être éliminé ? C'était il y a 3 jours, c'est du passé. Je n'en veux pas aux superviseurs du tournoi, j'en veux à moi-même".

Chapeau, Gaëlle ! On a vibré.

vendredi 13 juillet 2012

Goods Deeds 2.0 : l'épilogue

Hello, hello ! Des nouvelles de "Good Deeds 2.0", le petit film réalisé avec l'aide précieuse de ma Kuzca dans le cadre d'un concours organisé par la room PartyPoker US et le joueur Daniel Cates ! Pas de scoop, je n'ai pas gagné, vous ne me verrez donc pas faire trembler (ou rire, vu que j'ai l'air plus doué pour ça !) les tables de l'Amazon Room du Rio, à Las Vegas. L'heureux gagnant a été désigné il y a dix jours : il est londonien et a posté une vidéo techniquement bien faite dans laquelle on voit Emily, une de ses amies, proposer des free hugs - vous savez, les "câlins gratuits" en pleine rue. Une poitrine surgonflée par un tee-shirt taille XS et le tour est joué ; dommage que le gagnant ne se soit pas mis en scène, ainsi que le règlement l'imposait... (amertume !?)

Le choix est justifié par son caractère "drôle et original". Mouais... Le Londonien avait également le soutien du fantasque Tony G., un francophobe notoire, sponsorisé par... PartyPoker ! On ne se demande pas par quel biais ce soutien lui est parvenu...

Plusieurs lots de consolation

J'y ai gagné beaucoup, finalement : une interview, diffusée sur le blog privé de PartyPoker US et reprise un peu partout, même en Suède ! Et puis, j'ai appris, en visitant des forums, que la communauté est divisée ("Génial ces free hugs ! Quelle imagination !") quand elle n'est pas dubitative. "C'est une vidéo de free hugs qui l'a emporté, sérieux ???" résume très bien le goût laissé par le choix de Cates du côté des sceptiques. Un commentaire qui fait du bien à lire, comme celui posté sur ce site anglophone. J'ai, pour moi, la sérénité du vaincu, le plaisir d'avoir donné vie à ce petit film sans prétention et celui du fair play. J'ai joué le jeu sans corrompre quiconque, ni concurrents ni public ni membres de PartyPoker ; ce qui ne fut pas le cas de la plupart, notamment du gagnant qui s'est presque prostitué (rien d'anormal, car cela reste dans la tonalité de sa vidéo... !) sur Twitter pour obtenir son ticket. See:


N'oubliez pas, si vous tombez le nez ou la souris sur un concours vidéo, de m'en faire part. L'expérience m'a vraiment beaucoup plu...

jeudi 21 juin 2012

Good deeds 2.0


Cette vidéo est la 2e mouture d'un film réalisé dans le cadre d'un concours lancé par Daniel Cates et PartyPoker US en mai 2012. La version originale, mieux aboutie, n'a pas pu être mise en ligne à cause de la violation de droits d'auteur sur les deux musiques utilisées initialement - qui a dit que les droits d'auteur étaient un encouragement à la création ?!

C'est aussi un hommage au film muet, opéré avec les moyens du bord. J'espère que vous apprécierez.

samedi 17 mars 2012

Good run pour trois Frenchies

Je me suis lancé un nouveau défi que d'aucuns diront perdu d'avance et ils n'auront pas complètement tort : publier un billet quotidien sur l'actualité sportive sur le mode "un jour, une info sport". Une telle présence sur la toile requiert du temps et de la motivation, mais la difficulté sera aussi dans la sélection de l'actualité à traiter puisque choisir, c'est exclure et rien est simple lorsque l'agenda est particulièrement chargé.

L'événement du jour, du moins celui que j'ai choisi d'aborder, n'est pas la dernière rencontre du Tournoi des VI nations, disputée à Cardiff par notre Coq bleu pâle - un pied-de-nez à l'Histoire puisque les Gallois devraient mettre la main sur le trophée en réalisant un grand chelem au nez et à la barbe de leurs adversaires du jour... qui leur ont chipé leur ticket pour la finale du Mondial kiwi. Non, l'événement, il faut aller le chercher à la périphérie de Madrid. Un cocorico pour une grande première : trois Français en table finale d'un tournoi de l'European Poker Tour.

Chapeau, Nico Levi !

En fait, la performance avait déjà été réalisée en 2011, mais c'était alors sur nos terres, à Deauville avec, à la clé, la victoire de Lucien Cohen. Pas de happy end, cette fois, pour les trois Frenchies en course puisque le tournoi a été remporté par le - seul - Danois attablé, un certain Jensen (le Dupont local). La performance collective mérite toutefois d'être signalée pour l'extrême régularité des joueurs Français qualifiés pour cette table finale (8 derniers joueurs à rêver du titre). Or, la régularité est ce qu'il y a de plus difficile à tenir au haut niveau . Ainsi, Ilan Boujenah (6e), neveu de l'acteur, brille sur la scène européenne depuis deux ans. Bruno Lopes, alias Kool Shen (4e), vient tout juste de décrocher un chèque de 100 000 euros et une victoire dans un tournoi mineur - comprenez, français - et entend consacrer davantage de temps au poker pour décrocher un bracelet dans un tournoi WPT (World Poker Tour), WSOP (World Series of Poker) ou EPT. Quant à Nicolas Levi (7e), l'homme au chapeau, membre du Team pro de la franchise bruellienne, est à créditer de trois résultats majeurs en 2011.

Et puis, ne boudons pas notre plaisir de pouvoir rabattre le caquet à l'une des pires grandes gueules du poker mondial, Tony G ! L'Australien d'adoption, natif de Kaunas (Lituanie), multiplie les déclarations assassines à l'endroit du poker national qu'il méprise comme jamais. Jugez un peu : "je dirais qu'en termes de classement mondial, la France se situe au même niveau que la Russie pour le titre de fournisseur officiel des pires joueurs de poker". Le genre de mots qu'on lance à bonne distance de ceux que l'on craint en réalité. Car, de mémoire d'homme, on ne l'a jamais vu sortir Guillaume Darcourt, Antonin Teisseire ou Bertrand Grospellier ni remporter le moindre bracelet...  

vendredi 21 octobre 2011

Shuffle up and deal ! *

Le poker a son propre langage auquel la poignée de lecteurs d'OS n'est pas forcément familier. En me promenant sur un forum où les membres partagent leurs expériences et délivrent leurs conseils, je suis tombé par exemple sur un échange entre joueurs dont voici un extrait :
"je viens d'arriver a la table. j'ai juste jouer 3 main avant je ne connait pas vilain, flop et turn je ne relance pas car je veux lui laisser ses bluff et je pense être payer que par mieux et il y a quasiment pas de tirages. mais river j'ai eu une décision difficile. je voulais connaitre votre opinion face a ce genre de mouve et savoir si c'est ev+"
Réponse : "Sans read fold river il représente vraiment peu de mains mais call overbet avec QT ici est spew." (source)
Ca vous parle ? Et encore, je vous passe le discours ultra-vernaculaire :
"Vilain est ce que j'appelle plutôt un "reg fish", je l'ai 24/17/2.7% de 3bet, 52% de fold to 3bet et 1.1 d'agg sur environ 1Kh. Le squeeze preflop est assez std imo. Flop je Cbet environ moitié pot ce qui est mon standard sur les boards relativement secs et il call vite. Turn c'est une bonne carte pour ma main mais ça améliore grandement sa range aussi qui peut être AK, QQ, flush et un random 33/22 mais peu probable. Ok avec la ligne? et action turn ? shove? bet/call? C/F? C/R? Le pot fait 15€ et il reste 20€ effectif environ" (source)
Contrairement aux idées reçues, ce jeu de cartes est d'une technicité folle, tout ne reposant pas sur le hasard. Mais je me demande parfois si les codes verbaux qui sont utilisés à l'envi par quelques-uns n'ont pas été inventés pour faire fuir ou complexer les nouveaux venus. Une sorte d'écran de fumée, en somme, qu'il n'est vraiment pas nécessaire de connaître, sauf pour se faire reconnaître comme membre de la communauté du poker. C'est que le poker aussi très psychologique. Il mise beaucoup sur les apparences et il n'est pas rare de trouver installés à côté de soi, sur une table, des joueurs qui cherchent à vous impressionner en manipulant des mots dont ils ne connaissent pas tous la signification exacte. Du haut de ma si petite expérience, une partie de poker live ressemble à un jeu de qui-c'est-qui-fait-pipi-le-plus-loin auxquels participeraient des concurrents un poil mythomanes ou "méga-testostéronés" et d'une mauvaise foi excusable parce que vitale.

Il est plus facile de contourner la complexité du langage que celle du poker lui-même. On entre là, en effet, dans le registre des incontournables. C'est l'évidence, mais il faut au moins connaître les règles - encore faut-il savoir à quelle variante on veut jouer -, ces règles dont on dit qu'il faut cinq minutes pour les apprendre et toute une vie pour les maîtriser. Et puis, l'instinct ne faisant pas tout, il faut connaître les clés, certaines astuces et les paramètres à prendre en compte avant de prendre sa décision. Car, s'il faut résumer le poker en une ligne, je dirais que le poker est un jeu de décisions. Trois options s'offrent à vous continuellement et vous devez trancher : jeter, checker/suivre ou miser/relancer. Reste à faire le bon choix au bon moment et les éléments à considérer sont d'une variété infinie : structure du tournoi, niveau, nombre de joueurs à la table, position, nombre de joueurs dans le coup, volume des tapis (stacks), cartes en main, cartes de l'adversaire, historique, profil des adversaires, taille du pot, gestion du temps, espérance de gain, cotes, cycle de chance, fatigue etc...

J'ai envie d'écrire sur le poker pour en dévoiler la richesse, mais je ne veux pas non plus ennuyer mes rares lecteurs. Alors, j'oscille - voyez comme je prends soin de vous... ! Comment partager ma nouvelle passion, vous convaincre de sa subtilité ?

Vous savez quoi ? Je crois que j'ai trouvé : des exemples concrets et bien choisis feront l'affaire et vous en diront bien plus que les théories parfois lourdingues, quand elles ne sont pas fumeuses. J'essaierai d'en vulgariser l'analyse pour ne pas vous endormir.

Je prépare un premier billet sur une main que j'ai jouée récemment et qui plante le décor - si j'échoue à vous tenir en haleine, vous aurez tout le loisir de zapper ou de vous contenter des dernières lignes du message ; je ne vous en voudrais pas. En attendant, voici de quoi vous mettre l'eau à la bouche : une main de cash game (hors tournoi), opposant deux surdoués déjà millionnaires, Tom Dwan et Phil Ivey.


Le poker est intensément psychologique. La décision se fait aussi parfois en amont, avant que le croupier ne retourne les premières cartes du flop, que l'on ait entre les mains une paire d'As, une épée en plastique - une "poubelle" - ou un T 8 spéculatif (T pour ten ou dix).

Il paraît que "le plus important au poker, ce ne sont pas les cartes, c'est ce que vous en faites". Maintenant, vous le savez - la preuve par l'image. 

* Cette phrase rituelle sonne le début des tournois de poker. Elle ordonne aux croupiers de "mélanger" et "distribuer".