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mercredi 18 juillet 2012

On ne regarde plus à la défense

Mangane ne jouera plus en France...
Debuchy réclame un billet de sortie. "Azpi", que l'OM a besoin de vendre pour envisager plus sereinement le prochain exercice, devrait rejoindre Londres où Chelsea a des vues sur lui ; l'opération pourrait se faire autour de 9 millions, une somme assez proche de sa valeur actuelle, mais qui pourrait rapidement enfler d'ici un ou deux ans... Et maintenant Kader Mangane, qui part dans la péninsule arabique, arraché à Rennes pour 3 millions d'euros... Bradée, la montagne sénégalaise de 29 ans n'a donné envie à personne en France. Les finances des clubs sont-elles à ce point mauvaises pour laisser filer l'aubaine ? Signer en Arabie Saoudite ne donne plus de complexe, pas plus à ceux qui s'offrent une retraite paisible et dorée en Chine, au Brésil, voire aux USA ; autant de championnats qu'il faut désormais regarder comme des rivaux crédibles. A surveiller.

Un attaquant de classe mondiale arrive, et les défenses se défont déjà - dans l'indifférence générale. Dans ce jeu des transferts et des chaises musicales, les fausses notes ne sont pas rares ; on se prend à douter que, tout compte fait, la Ligue 1 s'enrichisse de tels départs.

jeudi 1 mars 2012

L'art et la Mannschaft

La victoire des Bleus, hier, à Brème, mérite bien un nouveau billet pour vous dire mon plaisir et, aussi, pour répondre à la plus fidèle, aimante et aimée lectrice d'OS.

Une éternité - et c'est long

J'ai eu le sourire et je n'ai pas dévié mon regard du poste de télé. Je suis resté concentré jusqu'au bout, hormis, je le confesse, lorsque je me suis demandé si la règle selon laquelle les joueurs devaient arborer, les uns une couleur foncée, les autres une couleur claire, afin de les rendre parfaitement distincts aux yeux des téléspectateurs qui suivaient leurs exploits sur des écrans en noir en blanc, avait réellement existé ; il n'y a pas de sotte question, si ?...

Il y a bien longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne soirée en regardant un match de l'équipe de France. Pourtant, le caractère amical de la rencontre, ajouté à la qualité de l'adversaire, ne présageait rien de bon. Mais on a le droit, et peut-être parfois, aussi, le devoir de se tromper.

Le bisou de Giroud au passeur, Debuchy, après le premier but 

Mon esprit chagrin pourrait toujours chercher dans les absences, nombreuses côté allemand, quelque raison de ne pas bomber le torse. Mais même tout le mal que je pense d'un Ribéry, Valbuena, Rami ou Abidal n'arriverait pas à faire pencher la balance du côté du ronchonnement. Ne boudons pas notre plaisir ; non, bravo messieurs : vous m'avez redonné envie, et même un peu d'espoir pour la suite - quel luxe ! Comme si la France avait attendu de renaître depuis 2006 et que cette rencontre marquait le début d'une nouvelle histoire.

A nous l'Europe !

Bon. Faudrait voir à ne pas trop s'enthousiasmer non plus, il ne s'agissait pas du match du siècle. Mais il y a une éternité, vraiment, que les ballons de contre n'avaient pas été joués à quatre joueurs disponibles, giclant vers l'avant pour proposer une solution à un porteur de ballon qui n'avait que l'embarras du choix. De la présence devant, de la vitesse et du pressing, sans doute pas en permanence puisque la première mi-temps aura été plus laborieuse. Mais une belle maîtrise collective, à défaut d'être parfaitement maîtrisée sur le plan technique à quelques exceptions près. A des milliers d'années-lumière des Bleus version Domenech.

Si la performance n'est pas individuelle, il faut isoler la prestation de Debuchy, Giroud - certains hurleront, mais il me fait penser à Guivarch, en plus fin et nettement plus efficace en mode international - et Lloris. Un bon point également pour Nasri, qui aura finalement mis la marche avant en seconde période, Valbuena incisif malgré son lot habituel de déchet et de théâtre, et Ménez, qui aura transpercé la défense contre une flopée de petits coups.

Mon petit doigt me dit que l'esprit - sain - de concurrence et la nécessité de marquer des points ont dopé les uns et les autres. Reste à savoir si les rentrées de Benzema et de Rémy, incontournables devant, ne vont pas perturber cet équilibre presque parfait trouvé hier soir.

samedi 8 octobre 2011

On albanais ! On albanais !

La rencontre d'hier soir n'aura donné ni sueurs froides ni grandes émotions ; la faute à un adversaire deux crans en dessous de la moyenne européenne. Elle aura seulement nourri le sentiment du devoir bien accompli. Car si je ne parviens plus vraiment à m'enthousiasmer pour cette équipe de France, il faut dire que la copie rendue mérite bien un A.

Et un, et deux, et trois zéro...

Face à l'Albanie, je retiens trois noms : M'Vila, Nasri et Rémy.

Trois joueurs clés pour la victoire 3 à 0 contre l'Albanie (Qualifs Euro 2012)

Le premier n'a pas uniquement été impérial dans la récupération et dans la première passe. Rarement décevant sous la tunique bleue, le natif d'Amiens s'impose, à vingt-et-un ans, comme la tour de contrôle du milieu de terrain et marche sur les traces d'un Vieira à qui il ne ressemble pas. Il a surtout fait preuve d'une intelligence exemplaire : sous la menace d'une suspension pour le match décisif de mardi, Yann M'Vila a joué des épaules pendant 90 minutes sans jamais franchir la ligne jaune.

Une fois n'est pas coutume, le "petit prince" Nasri a justifié sa présence dans le onze de départ. Impressionnant sur l'action à l'origine du deuxième but, il a été utile dans la conservation du ballon et pour trouver les intervalles. Il a été ce qu'on attend de lui et ce que Malouda n'est pas malgré un CV bien épais : un leader sur le terrain - un leader technique, mais aussi physique ; et ça fait du bien.

Le troisième homme est le plus "Henryesque" des attaquants de l'Hexagone. Loïc Rémy ne compte pas parmi le gratin mondial, mais il est précieux en ce moment, à Marseille comme à Clairefontaine. Sa mobilité, ses appels de balle excentrés, son repli défensif sont des signes que le joueur est en confiance. Il gâche parfois, rate un peu, mais ne ralentit pas le jeu, ose, provoque et marque. Que demander de plus ?

Ca commence à sentir bon le bortsch

Evidemment, il y avait d'autres Bleus dans le jardin de Saint-Denis. L'un des hommes du banc n'est d'ailleurs pas passé inaperçu : le nom de Djibril Cissé a été scandé longuement dans l'enceinte du grand Stade. Il est certain qu'il n'y a pas joueur plus courageux, plus fort mentalement et plus fier de porter la virgule blanche sur le maillot - comme sur le crâne. Mais que le revenant fédère à ce point le public est une énigme, sauf à imaginer que le Français moyen rêvait à cet instant d'une bonne dose de hors-jeux, de crête punk ou d'une jambe brisée.


Le plébiscite a eu son revers malheureux : les sifflets qui se sont abattus des tribunes contre Gomis n'avaient pas lieu d'être, le Lyonnais s'étant montré intéressant et non avare d'efforts. Il fallait pourtant en sacrifier un et le peuple avait décidé que ce serait celui-là. Laurent Blanc, peut-être surpris qu'on lui force ainsi la main, n'a pas pris le risque de se mettre à dos des supporters réconciliés, mais toujours prompts à la rancune.

Parmi les titulaires, Mathieu Debuchy a incontestablement marqué des points. Tranchant, présent, rapide et accrocheur, le Lillois a déjà fait autant que Bacary Sagna en une campagne à son poste. Côté remplaçants, la rentrée de "MM" a permis de vérifier que le jeune joueur, qu'on dit en baisse de régime en ce début de saison, est encore capable d'adresser un bijou de passe décisive à destination de Réveillère, placé à gauche pour une pige inattendue et auteur d'un but très pastorien. Car, s'il n'était pas sur la pelouse hier, l'ombre de la pépite du PSG Javier Pastore a plané sur le match en donnant des idées aux buteurs du soir. Qu'ils copient l'artiste ne me gêne évidemment pas. Attention toutefois, au moment de passer la douane polonaise, à ne pas emmener l'Argentin dans leurs valises, mais seulement le DVD de ses exploits ; trop de talent chez les Bleus, ça finirait par se voir...